
Avec un record de 13 nominations - sur 15 possibles (il y a au total 20 catégories) -, Un prophète sera l'ostensible favori de la 35e cérémonie des César qui se déroulera le samedi 27 février. Pas en reste, A l'origine (11 nominations) et Welcome (10) y feront figure d'épouvantails. Des porte-drapeaux attendus, à la différence de La journée de la jupe, dont la présence parmi l'élite fait jaser les cinéphiles tandis que l'Académie lui trouve un talent évident. Opinion surprenante.
Découvrez ci-dessous cinq catégories subjectivement désignées comme étant les principales. Pour chacune d'elle, j'ai lu dans une boule de cristal et vous délivre en exclusivité leurs futurs lauréats. Le cœur n'étant pas raison, je vous suggère également mes favoris.
MEILLEUR FILM
A l’origine de Xavier Giannoli
Le concert de Radu Mihaileanu
Les herbes folles d'Alain Resnais
La journée de la jupe de Jean-Paul Lilienfeld
Rapt de Lucas Belvaux
Un prophète de Jacques Audiard
Welcome de Philippe Lioret
Le choix de l'Académie : Un prophète
Le choix de Stoni : Welcome
MEILLEUR RÉALISATEUR
Jacques Audiard (Un prophète)
Lucas Belvaux (Rapt)
Xavier Giannoli (A l’origine)
Philippe Lioret (Welcome)
Radu Mihaileanu (Le concert)
Le choix de l'Académie : Philippe Lioret
Le choix de Stoni : Jacques Audiard
MEILLEUR ACTEUR
Yvan Attal (Rapt)
François Cluzet (A l’origine)
François Cluzet (Le dernier pour la route)
Vincent Lindon (Welcome)
Tahar Rahim (Un prophète)
Le choix de l'Académie : Tahar Rahim
Le choix de Stoni : Tahar Rahim
MEILLEURE ACTRICE
Isabelle Adjani (La journée de la jupe)
Dominique Blanc (L'autre)
Sandrine Kiberlain (Mademoiselle Chambon)
Kristin Scott Thomas (Partir)
Audrey Tautou (Coco avant Chanel)
Le choix de l'Académie : Dominique Blanc
Le choix de Stoni : ne se prononce pas car vu uniquement Dominique Blanc
MEILLEUR FILM ÉTRANGER
Avatar de Jmes Cameron (USA)
Gran Torino de Clint Eastwood (USA)
Harvey Milk de Gus van Sant (USA)
J'ai tué ma mère de Xavier Dolan (Canada)
Panique au village (film d'animation) de Vincent Patar et Stéphane Aubier (Belgique)
Le ruban blanc de Michael Haneke (Autriche, Allemagne)
Slumdog Millionaire de Danny Boyle (USA)
Le choix de l'Académie : J'ai tué ma mère
Le choix de Stoni : Avatar
Avec Tahar Rahim, Niels Arestrup, Adel Bencherif, ...
Année de production : 2008

Acteur de théâtre et de télévision, ce n’est que tardivement que MORGAN FREEMAN se fraie une place au cinéma. S’il est apparu au côté de Robert Redford dans Brubaker (1980) et dans L’affrontement de Paul Newman (1984), il ne sera réellement remarqué qu’en 1989 quand il incarne le chauffeur de Jessica Tandy dans Miss Daisy et son chauffeur, de Bruce Beresford qui lui vaut une nomination à l’Oscar. Le grand Morgan a déjà passé la cinquantaine et alors qu’une carrière de comédien peut emprunter une voie descendante, la sienne va éclater et lui offrir, vingt ans plus tard, la glorieuse opportunité de prendre les traits de Nelson Mandela dans Invictus - actuellement en salles - de son ami Clint Eastwood (2010). Avec ce dernier, il avait auparavant tourné deux films, deux chefs-d’œuvre pour deux pièces maîtresses dans sa filmographie : le crépusculaire western Impitoyable (1992) et le dramatique et bouleversant Million dollar baby pour lequel il est couronné de l’Oscar du meilleur second rôle en 2005. Vivant en marge du système hollywoodien, MORGAN FREEMAN a tout de même tourné avec certains autres des plus grands réalisateurs : Brian de Palma (Le bûcher des vanités), Frank Darabont (Les évadés), David Fincher (Seven), Steven Spielberg (Amistad), Christopher Nolan (Batman begins, The dark knight). En dépit de quelques films d’action et thrillers très moyens voire mauvais, son œuvre en cours, riche d’une cinquantaine de longs-métrages, et ses prestations, toujours charismatiques, justifient d’en tirer la quintessence.
C’est pourquoi je vous propose mon Top 5 et vous laisse le soin de vous prononcer à votre tour. Comme au bon vieux temps, je mettrai à jour le classement au fur et à mesure des votes.
#01 - IMPITOYABLE (UNFORGIVEN)
de Clint Eastwood (1992)

#02 - SEVEN
de David Fincher (1996)

#03 - LES EVADES (THE SHAWSHANK REDEMPTION)
de Frank Darabont (1995)

#04 - MILLION DOLLAR BABY
de Clint Eastwood (2005)

#05 - INVICTUS
de Clint Eastwood (2010)

(7 votes provisoires dont ffred, Ronnie, Heavenlycreature, Carbro40, Anthoy et Kschoice)

01 / Seven (66 points, 7 fois cité, 3 fois premier)
02 / Les évadés (60, 7, 2)
03 / Million dollar baby (43, 6, 0)
04 / Impitoyable (28, 3, 1)
05 / Invictus (23, 3, 1)
06 / Batman begins (12, 2, 0)
06 / Robin des bois, prince des voleurs (12, 2, 0)
08 / Miss Daisy et son chauffeur (8, 1, 0)
08 / Sans plus attendre (8, 1, 0)
10 / Alerte (7, 1, 0)
10 / Gone baby gone (7, 1, 0)
12 / Le masque de l'araignée (6, 1, 0)

La cuvée cinéma 2009 est consommée. Pas exceptionnelle mais certainement pas médiocre non plus, elle fut honorable, et, plus attendu et essentiel, variée (en genres et origines) même si les vampires ont pu recouvrer du sang neuf cette année (saga Twilight, Morse, Thirst).
L’an 2009 avait d'abord débuté par un chef d’œuvre intemporel plein de sens et de limpidité. Il se prolongeait jusqu’au cœur de l’été par l’offrande d’un gag libre et jubilatoire signé d’un cinéaste culte, avant de se son conclure en beauté avec un monstrueux cadeau de Noël en 3D (lire l'excellente analyse de Kschoice). Entre temps, il y aura eu un certain nombre de déceptions… voire de désolations cannoises (Etreintes brisées, Vengeance, Looking for Eric… Antichrist), mais une conséquence d’heureuses surprises (sous bannière sud-africaine, coréenne ou suédoise notamment). Une fois encore, le cinéma français a été peu influent. Et ce n’est pas en continuant à réaliser des comédies grossières ou des drames insipides qu’il changera la donne.
N'ont à ce jour pas été évalués faute de ne pas avoir été vus : A l’origine, L’armée du crime, L’autre, The box, Les derniers jours du monde, Fish tank, Hadewijch, Les herbes folles, L’imaginarium du docteur Parnassus, Kinatay, Qu’un seul tienne et les autres suivront, Rec2, La route, Le ruban blanc, Le temps qu’il reste, Tetro, Tokyo sonata, La vida loca, Vincere, et bien d’autres.
#20 - Harvey Milk, de Gus van Sant (USA)
#19 - Twilight - Chapitre 1 : fascination, de Catherine Hardwicke (USA)
#18 - Bienvenue à Zombieland, de Ruben Fleischer (USA)
#17 - Thirst, ceci est mon sang, de Chan-Wook Park (Corée du Sud)
#16 - Very bad trip, de Todd Phillips (USA)
#15 - Jusqu'en enfer, de Sam Raimi (USA)
#14 - Démineurs, de Kathryn Bigelow (USA)
#13 - Un prophète, de Jacques Audiard (France)
#12 - Watchmen - Les gardiens, de Zach Snyder (USA)
#11 - Loin de la terre brûlée, de Guillermo Arriaga (USA)
#10 - Slumdog millionaire, de Danny Boyle (USA)

#09 - Welcome, de Philippe Lioret (France)

#08 - Là-haut, de Pete Docter (USA)

#07 - Morse, de Tomas Afredson (Suède)

#06 - L'étrange histoire de Benjamin Button, de David Fincher (USA)

#05 - District 9, de Neill Blomkamp (Afrique du Sud)

#04 - Avatar, de James Cameron (USA)

#03 - The chaser, de Hong-jin Na (Corée du Sud)

#02 - Les noces rebelles, de Sam Mendes (USA)

#01 - Inglourious basterds, de Quentin Tarantino (USA)

Dans ce classement vous ne trouverez aucun film français (logique, on évoque ici le gratin du gratin) contre trois-quarts d'américains, car ne soyons pas hypocrites ni vainement protectionnistes : Hollywood dominera toujours l'élite. Cinq (grands) réalisateurs sont doublement représentés et deux sublimes films d'animations se font une place dorée. Mais ne perdons pas plus de temps, et égrainons à rebours ce Top 20 des meilleurs films sortis dans les années 2000.
#20 - American beautyde Sam Mendes
USA
(2000)
#19 - Les autresd'Alejandro Amenabar
USA
(2001)
#18 - L'assassinat de Jesse James par le lâche Robert Fordd'Andrew Dominik
USA
(2007)
#17 - Le voyage de Chihirode Hayao Miyazaki
Japon
(2002)
#16 - Amours chiennesd'Alejandro Gonzàlez Inarritu
Mexique
(2000)
#15 - Wall-Ed'Andrew Stanton
USA
(2008)
#14 - Apocalyptode Mel Gibson
USA
(2007)
#13 - The yards(2000)
#12 - Gangs of New Yorkde Martin Scorsese
USA
(2003)
#11 - There will be bloodUSA
(2008)
#10 - Les noces rebellesde Sam Mendes
USA
(2009)
#09 - Old boyCorée du Sud
(2004)
#08 - Inglourious basterdsde Quentin Tarantino
USA
(2009)
#07 - Les infiltrésde Martin Scorsese
USA
(2006)
#06 - Requiem for a dreamde Darren Aronofsky
USA
(2001)
#05 - Sympathy for Mr. Vengeancede Chan-Wook Park
Corée du Sud
(2003)
#04 - 21 grammesd'Alejandro Gonzàlez Inarritu
USA
(2004)
#03 - King Kongde Peter Jackson
USA / NZ
(2005)
#02 - Kill Billde Quentin Tarantino
USA
(2003-2004)
#01 - Mystic riverde Clint Eastwood
USA
(2003)
Découvrez la bande-annonce flippante de son dernier film qui sort sur les écrans le 30 décembre : Esther, une jeune orpheline adoptée et qui pourrait bien être diabolique.
Avec Vera Farmiga, Peter Sarsgaard, Isabelle Fuhrman, ...
Année de production : 2008

Trois ans après l'excellent et éprouvant La raison du plus faible, le comédien-scénariste-réalisateur belge Lucas Belvaux sort son nouveau film : RAPT.

Synopsis :
"Homme d’industrie et de pouvoir, Stanislas Graff est enlevé un matin comme les autres devant son immeuble par un commando de truands.
Commence alors un calvaire qui durera plusieurs semaines. Amputé, humilié, nié dans son humanité, il résiste en ne laissant aucune prise à ses ravisseurs. Il accepte tout sans révolte,
sans cri, sans plainte, c’est par la dignité qu’il répond à la barbarie.
Coupé du monde, ne recevant que des bribes d’informations par ses geôliers, Graff ne comprend pas que personne ne veuille payer la somme qui le délivrerait.
Au-dehors, son monde se fissure au fur et à mesure de la révélation de sa personnalité.
Tout ce qu’il avait réussi à garder d’intimité, son jardin secret, est révélé à sa famille par l’enquête de police ou celle de la presse.
Chacun découvre un homme qui est loin de ressembler à celui qu’il imaginait."
Avec Yvan Attal, Anne Consigny, André Marcon, ...
Année de production : 2008
Passé à côté de l’élitiste classement des 10 meilleurs réalisateurs américains en activité il y a quelques semaines à peine (mais je me rattraperai), il était impensable de manquer une nouvelle opportunité d’exprimer mon plaisir taxinomique. Et celle-ci se présente aujourd’hui à l’initiative bienvenue de Rob Gordon et d’autres gloires du web cinéphile (ici et là par exemple). Il est question de hiérarchiser les metteurs en scène anglophones et actuels, mais non états-uniens (en gros les ressortissants de sa Majesté nia nia nia de la couronne britannique et autres membres du Commonwealth). Après recherche de matière première faite sur d’autres blogs, Google, Wikipédia et ce qu’il reste de la base de données Allociné, et un triturant débat avec moi-même, c’est avec une excitation à peine contenue que je vous soumets mon Top ten au sein duquel chaque élu s'est très tôt forgé un savoir-faire, une réputation, qu'il a su faire perdurer (plus ou moins donc). Compte-à-rebours déclenché!
J'invite vivement chacun d'entre vous à partager vos points de vue et même à publier votre propre classement avant d'envisager un big classement général.
#10 – Jim Sheridan (Irlande)Daniel Day-Lewis peut le remercier de lui avoir offert les premiers rôles dans My left foot, Au nom du père et The boxer. Trois films aussi différents que poignants et essentiels. C’était il y a au moins dix ans puis In America est venu compléter un tableau qui confère à l’Irlandais un fort sens de l’émotion et un attachement humaniste.
autre film : Réussir ou mourir
#09 – Sam Mendes (Grande-Bretagne)Il n’a jusqu’ici exercé qu’à Hollywood où sa première tentative l’a référencé en metteur en scène à statuettes (5 Oscars pour American beauty). Sobre et esthète, il a transformé cet essai avec Les noces rebelles qui distille une dramatique de mœurs impressionnante de précision qui l’impose comme l’un des tout meilleurs films de cette année 2009.
autres films : Les sentiers de la perdition | Jarhead, la fin de l'innocence | Away we go
#08 – James Cameron (Canada)Aurais-je attendu deux mois de plus pour publier cet article que l’auteur de Terminator, Aliens et Titanic eût été potentiellement placé plus haut. Car Avatar, son hyper-projet qu’il mitonne depuis près de dix ans suscite les excitations les plus légitimes. En attendant, il est récompensé par son perfectionnisme, son sens de l’action et de l’émotion.
autres films : T2 | Abyss | True lies
#07 – Christopher Nolan (Grande-Bretagne)A 39 ans, il est le plus jeune de ces dix-là, et pas le moins doué. Attaché à la déstructuration de la narration (Memento) et des mythes (Batman begins et The dark knight sont une mise en abîme du héros ailé), il se fait remarquer par un style inhabituel fait de modernité et beauté visuelle. Peut encore grimper bien plus haut.
autres films : Following | Insomnia | Le prestige
#06 –
Ridley Scott (Grande-Bretagne)Doyen et l’un des plus prolifiques cinéastes de ce classement, le frère de Tony Scott traverse les décennies de manière hétérogène. Etait-il au maximum après ses trois premiers films : Les duellistes, Alien et Blade runner ? Il n’a plus jamais atteint ce niveau depuis. Tourner des chefs-d’œuvre devenus films cultes n’est pour autant pas une sinécure. Thelma & Louise, Gladiator, Kingdom of Heaven voire American gangster font oublier qu’il peut aussi être un metteur en scène de commande prosaïque.
autres films : Legend | Black rain | La chute du faucon noir | Mensonges d'Etat
filmo interdite : 1492 : Christophe Colomb | A armes égales | Une grande année
#05 – Terry Gilliam (Grande-Bretagne)Alter ego anglais de Tim Burton et co-fondateur de l’hilarante troupe des Monty Python, Terry Gilliam est le chantre d’histoires fantasmagoriques ou déjantées. Il est hélas poursuivi par une déveine qui l’a fait manquer son rendez-vous avec les années 2000 (avortement des projets Watchmen et L’homme qui tua Don Quichotte notamment). Qu’importe, sa griffe est indélébile. MP : sacré Graal, MP : le sens de la vie, Brazil, L’armée des 12 singes, Las Vegas parano le prouvent. Vivement L’imaginarium du docteur Parnasssus qui arrive le mois prochain.
autres films : Les aventures du baron de Münchhausen | Fisher king | Les frères Grimm | Tideland
#04 – Danny
Boyle (Grande-Bretagne)La plage, sa première expérience américaine aurait pu plomber sa carrière. Sunshine l’a relancé et Slumdog millionaire consacré. L’Oscar du meilleur film 2009 a toutefois essuyé bon nombre de critiques, mais le meilleur réalisateur de l’année a su retrouver tonicité et ambition. L’Ecossais se rappelle au bon souvenir de ses premiers films, ceux d’une génération - la mienne -, devenus cultes et indispensables. Je veux bien-sûr parler de Petits meurtres entre amis et Trainspotting.
autres films : Une vie moins ordinaire | 28 jours plus tard | Millions
#03 – Ken Loach (Grande-Bretagne)Il est peut-être le moins connu du grand public, mais son cinéma, d’auteur, reste accessible à tous. Inéluctablement enraciné dans un contexte social et/ou politique, ses films sont autant des témoignages justes et intelligents d’une époque, un combat, une guerre. Le festival de Cannes l’a (enfin) couronné de sa Palme d’or en 2006 pour Le vent se lève.
autres films : Raining stones | Land and freedom | My name is Joe | Sweet sixteen | Just a kiss | Looking for Eric
#02 – David Cronenberg (Canada)Inlassable créateur de maîtres-films glauques et fantastiques pendant plus de vingt ans, Cronenberg s’est engagé dans le troisième millénaire dans une voie tout aussi radicale et puissante mais nouvelle. Celle de drames sanglants (A history of violence, Les promesses de l'ombre). Assidu et toujours impliqué dans des projets personnels qu’il mène à terme, le Canadien permet de croire encore en une création indépendante et de haute volée.
autres films : Scanners | Videodrome | Dead zone | La mouche | Faux-semblants | eXistenz
#01 – Peter
Jackson (Nouvelle-Zélande)Il a rempli les comptes en banque des studios hollywoodiens avec sa suprême trilogie du Seigneur des anneaux puis revisité le mythe King Kong avec une maestria et une modernité ultimes. Pointilleux, cinéphile et respectueux du public sans aucune complaisance, il avait débuté dans le métier en tournant d’inamovibles et savoureux ovnis. L’imminent Lovely bones devrait conforter son leadership pendant encore un bon bout de temps.
autres films : Bad taste | Braindead | Créatures célestes | Fantômes contre fantômes
Parution dans Bilbo le hobbit, Mortal Engines, District 9
Si Davidéo - blog de cinéphile - quelque peu délaissé ces derniers temps - n'en est pas encore à l'heure du divorce d'avec Allociné, il n'en est pas de même pour sa succursale Davidéo Quiz, plus productive et donc nerveusement entamée par de longues et incessantes minutes perdues à attendre qu'un clic veuille bien aboutir à sa requête.
Amis cinéphiles et amateurs de jeux et quiz, je vous invite désormais à venir vous divertir sur Cinéphilie récréative, ma nouvelle salle de jeux.
A tout de suite.
Prolongement du court métrage Alive in Joburg du même Neill
Blomkamp, jeune cinéaste débusqué par le visionnaire Peter Jackson, District 9 est
un film de science-fiction très moderne alliant avec habileté humour et
action dans un contexte délicat de cohabitation humains/extra-terrestres - qui
n’est pas sans rappeler Men in Black -, mais aussi noirs/blancs ; l’action
se déroule en Afrique du Sud en plein Apartheid dans les années 1980. En ces
temps actuels où les repères s’effacent devant la surenchère de budgets alloués
au tournage de certains films et où les gouvernements (le nôtre en premier
lieu) sont entrés dans une guerre sans merci et hypocrite contre les créations
parallèles, District 9 est une preuve magnifique que le peu de moyens (30 millions
de dollars de budget aujourd’hui c’est dérisoire pour une production en partie
US) n’est en rien une entrave à la création. Et que la matière première doit
être grise et non dorée. Reprenant le concept en vogue du film reportage filmé caméra
au poing (style [Rec] ou Cloverfield), Neill Blomkamp, issu des clips
musicaux et de la pub, insuffle, au-delà du rythme permanent, une personnalité
propre et recevable à ses aliens (adorables crevettes géantes, surtout le minot). Leur entrée dans des conflits d’intérêt avec les humains s'en avèrera d'autant plus sulfureuse.
Mais la plus grande malice du cinéaste est surtout de s’être attaché à décrire
les tourments et avatars de son héros malheureux en la personne d’un agent
administratif chargé des relations avec les aliens, lequel est interprété par
le bluffant acteur sud-africain Sharlto Copley. Le pauvre, touché par ce qu’on
pourrait nommer le syndrôme La mouche sera prêt à tout les efforts et
sacrifices pour retrouver son honneur, sa femme… et son apparence. Très
divertissant, haletant presque, District 9 est une évidente réussite, inattendue, résultant du bon œil d’un Peter Jackson (ici producteur) qui
y retrouve l’atmosphère de ses premiers coups d’éclat. C’était les débuts de la
WingNut Films et sa fabuleuse époque néo-zélandaise des Bad taste et Brain dead. Que du bonheur.Avec Sharlto Copley, David James (II), Jason Cope, ...
Année de production : 2009






